Lisandro Araneda est une référence absolue de l'explosivité, de la vitesse et du développement de la force. Depuis sa salle Adrénaline Performance de Sherbrooke, au Québec, ce « personnage coloré » entraine depuis 25 ans des milliers d'athlètes avec une obsession : révéler leur plein potentiel sans jamais les blesser. Un échange généreux sur la fabrique de la vitesse, la pliométrie, les jeunes et la puissance de l'adrénaline.
L'invité
Formé en kinésiologie avec une spécialisation en encadrement sportif, Lisandro Araneda coache depuis 1996 et a ouvert sa salle en 2004, à 23 ans, dans une ancienne épicerie transformée en laboratoire pour athlètes : piste d'athlétisme intérieure de 30 mètres, plateaux d'haltérophilie, modules de pliométrie, cellules photoélectriques, radars et accéléromètres réunis sous un même toit, une première au Québec récompensée d'une bourse d'innovation.
Ancien haltérophile, sprinteur et basketteur (il dunkait à 15 ans pour 1,68 m), d'origine chilienne, trilingue, il a donné des séminaires dans toute l'Amérique du Sud et une quinzaine en France. Sa marque de commerce : apporter des résultats, quitte à passer pour un extraterrestre avec 25 ans d'avance.
Le sponsor
Cet épisode est parrainé par LAROC, fabricant français de matériel de sport dédié à la préparation physique de haut niveau depuis 1989. La fabrication est intégrée dans son usine de Provence, au pied du Luberon, avec un niveau de personnalisation rare, en collaboration avec des sportifs, préparateurs physiques et experts en biomécanique. Infos sur laroc.com.
Les grands thèmes abordés
- L'explosivité selon Lisandro : tendre vers l'animal (le puma et ses 5 mètres de détente verticale), et se spécialiser dans les sports où les fibres rapides font la différence
- Le bilan athlétique : une batterie de 30 à 35 tests, beaucoup d'observation, et une approche holistique qui travaille autant le mental et l'humain que le physique
- Se spécialiser dans les démarrages : des temps de référence sur 5, 10, 15, 20 et 30 mètres à une époque où tout le monde jurait par le 100 mètres, et la filière anaérobie alactique comme terrain de jeu
- La recette de la vitesse : des bases de force converties en force explosive puis en force-vitesse, le squat ou le soulevé de terre utilisés comme activation du système nerveux avant la pliométrie, et la fenêtre d'une heure à exploiter
- Programmer sans « by the book » : trois mois pour métamorphoser un athlète qui repart ensuite à l'étranger, le développement en intersaison et le maintien en saison, écouter la fatigue et savoir imposer un deload
- Doser la pliométrie à la qualité : arrêt dès que la performance se détériore, priorité aux sensations kinesthésiques, aucune contraction parasite enregistrée
- Une banque de données de milliers d'athlètes : records, standards masculins et féminins, hauteurs de chute et distances d'appel optimales trouvées sur le terrain là où la littérature restait vague
- L'avant-gardisme assumé : les sauts en contrebas et les atterrissages de plusieurs mètres inspirés des volleyeurs cubains, les box jumps avec élan contre le dogme, et les cellules photoélectriques quand tout le monde travaillait au chrono
- Transformer un âne en cheval de course : le sprinteur passé de 12 secondes à 10"80, la philosophie du 1 % qui s'accumule, et les fibres musculaires à synchroniser comme des chanteurs d'opéra qui font éclater les vitres
- L'hypertrophie surévaluée : s'entrainer lentement rend lent, l'anecdote du boxeur lourd qui veut toujours « prendre de la masse » alors que sa vitesse est son arme, et le look athlétique qui vient de surcroît
- Les 8-12 ans, la fenêtre d'or : un gym privé qui accepte les enfants, du ludique, des records célébrés, la détection de talent, et le rôle de figure de référence auprès de jeunes élevés par des mères seules
- Le concept adrénaline : des milliers de watts de son, des lumières de boîte de nuit, des playlists mixées en direct comme un DJ, la musique assumée comme « stéroïde naturel » qui met l'athlète en transe
- Ne jamais blesser : la prophylaxie des lésions comme secret de longévité, le respect des structures, et la progression patiente derrière la vidéo spectaculaire du cascadeur qui saute du toit
- La fraternité entre entraineurs : il y a de la place pour tout le monde, saluer la réussite des autres, oser poser ses questions aux anciens, et « le savoir est une arme »
Lexique
- Détente verticale : la hauteur gagnée lors d'un saut : la qualité fétiche de Lisandro, mesurable, comparable aux standards des meilleurs, et bien plus entrainable qu'on le croit.
- Filière anaérobie alactique : la filière énergétique des efforts maximaux de moins de 10 secondes : démarrages, sauts, sprints courts. Le cœur de sa spécialisation.
- Activation du système nerveux : utiliser un effort lourd (squat, soulevé de terre, développé couché) non pour la force elle-même, mais pour « ouvrir » le système nerveux avant le travail explosif.
- Cycle étirement-raccourcissement : le ressort musculaire exploité par la pliométrie : son intensification progressive structure toute la progression, de la corde à sauter aux sauts les plus intenses.
- Saut en contrebas : chute d'une hauteur suivie d'un rebond immédiat : l'exercice que Lisandro a poussé plus loin que la littérature, jusqu'aux atterrissages amortis de plusieurs mètres inspirés des Cubains.
- Contraste de charge : alterner charges lourdes et mouvements explosifs dans une même séance pour profiter de la potentialisation nerveuse.
- Cellule photoélectrique : le chronométrage par faisceaux qui donne « l'heure juste » sur 5 à 30 mètres, quand le chrono manuel ment de plusieurs dixièmes.
- Deload : une semaine allégée ou des vacances imposées quand la fatigue s'accumule : revenir au top plutôt que risquer la blessure, rien « by the book ».